
"Je me fais plaisir avec cette expo parce que je présente ce que je veux", dit le peintre Jean Gaudreau.
Photo: René Baillargeon
Première expo audacieuse au Palais Montcalm
Marie-France Bornais (Journal de Québec, 6 mai 2010)
Treize nouvelles pièces de l’artiste-peintre Jean Gaudreau sont présentées à titre de première exposition dans la toute nouvelle Galerie Banque Nationale Groupe financier du Palais Montcalm.
« J’avais exposé au Palais Montcalm il y a 15 ans. On avait même fait un show de danse. Je suis doublement content d’y revenir et de présenter une nouvelle série, Le Pied au plancher », explique l’artiste.
Les nouvelles oeuvres, toutes complétées au cours des derniers mois, représentent une version nouvelle du travail du peintre et reflètent sa passion créatrice du moment. « C’est une exposition qu’on pourrait qualifier de plus audacieuse puisqu’elle présente des tableaux, mais aussi des fragments qui sont des toiles récupérées qui formaient le couvre-sol de mon atelier. »
Ces fragments sont formés de matière accumulée au fil des mois sur le sol de son atelier, sous les chevalets où il a travaillé ses derniers tableaux : toile, morceaux de coton, pastel, éclaboussures d’acrylique ou d’huile, graphite sur toile.
« Ça devient des fossiles contemporains. Je les récupère et ça donne des effets super intéressants. Le fragment intitulé Paysage embrumé, par exemple, est le fruit de deux ans de travail. »
« Je me fais plaisir avec cette expo parce que je présente ce que je veux. Ce n’est pas nécessairement une production faite pour plaire mais ça me plaisait d’oser faire ça. J’ai eu une excellente réponse de la part des connaisseurs. »
Danse picturale
Ses tableaux, aux couleurs fortes, traduisent des mouvements amples qui relèvent presque de la danse, une forme d’art qui émeut profondément l’artiste et l’inspire énormément. « Des personnages de cirque apparaissent ici et là dans mes oeuvres. Je suis amateur de danse, je vais voir des shows et les mouvements des corps, c’est ça que je peins. »
Jean Gaudreau, dont les toiles se retrouvent dans Le Moulin à images de Robert Lepage, s’inspire des peintres automatistes et du courant de l’abstraction lyrique américaine pour son travail.
Il peint de tout son coeur, en écoutant Miles Davis ou Schubert, de façon à transmettre sa passion au public et toucher leurs cordes sensibles.
Pari tenu, puisqu’il vit maintenant très bien de son art, crée pour un nombre grandissant de collectionneurs et compte développer son marché du côté américain. Ses toiles font partie des collections du Cirque du Soleil, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université Laval et de Feel Europe Groupe.
L’oeuvre et l’artiste demeurent accessibles. « Il faut être capable de parler avec le monde et expliquer ce qu’on fait. Van Gogh était sauvage, pas moi! »